La grande synagogue de Paris description

La grande synagogue de Paris
La 
grande synagogue de Paris, généralement appelée synagogue de la Victoire ou grande synagogue de la Victoire selon l’usage qui est de nommer les synagogues par le nom de la rue où elles sont localisées, est située au no 44 rue de la Victoire, dans le 9e arrondissement de Paris.

Histoire 

Intérieur de la synagogue au début du xxe siècle, photographie publiée dans la Jewish Encyclopedia.

Pendant la Restauration, et surtout sous le Second Empire, la communauté juive parisienne a plus que doublé passant de 12 000 à 25 000 membres1.

Il fut donc décidé de construire une nouvelle synagogue par souscription. Le principal souscripteur fut Gustave de Rothschild. Et le terrain fut offert par la ville de Paris.

L’architecte de la grande synagogue de Paris est Alfred-Philibert Aldrophe (1834-1895), qui a également construit la synagogue de Versailles et celle d’Enghien-les-Bains. Conçue dans un style néo-byzantin, elle est commencée en 1867, inaugurée en 1874 et ouverte au culte public en 1875.

Le , Alfred Dreyfus s’y est marié avec Lucie Hadamard. C’est le grand rabbin de France, Zadoc Kahn, futur grand dreyfusard, qui officiait.

Pendant l’Occupation allemande, dans la nuit du 2 au , une bombe explose dans la grande synagogue lors d’une nuit d’attentats touchant plusieurs synagogues parisiennes). L’attentat est organisé par le Mouvement social révolutionnaire (MSR), parti d’extrême droite fondé par Eugène Deloncle.

En 1942, des miliciens profanent son tabernacle et des œuvres s’y trouvant sont dégradées.

En 1943, à l’issue de l’office de Roch Hachana, la police et la Gestapo organisent un contrôle d’identité à la sortie de la synagogue. Prévenus, les dirigeants communautaires ont pu cacher les personnes en situation irrégulière.

Après la guerre, la synagogue entame une rénovation qui n’est achevée qu’en 1967.

Cette synagogue, propriété de la ville de Paris, fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le .
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Architecture 

Fronton de la synagogue.

L’inscription en hébreu sur le grand pignon semi-circulaire est le verset Genèse (Gn 28. 17 [archive]) : « Ce n’est autre que la maison de Dieu, c’est la porte du ciel », la même que sur la synagogue de Reims et celle de Bar-le-Duc. A l’intérieur, on peut lire sur le même pignon le verset du Lévitique « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » en français.

Le décor intérieur montre des inscriptions religieuses au-dessus des portes. À la voûte du chœur se lisent en français les noms des prophètes. Le nom de David est inscrit dans le cul de four. Au-dessus de l’arche sainte est gravée la phrase « ה׳ ניסי » (« L’Éternel est ma bannière » Ex 17. 15 [archive])

Il comporte également une série de douze vitraux symbolisant les tribus d’Israël identiques à ceux de la synagogue de Dijon.

Le chœur est séparé de l’assemblée par une balustrade et la bimah (tribune de l’officiant) surélevée de cinq marches.

Ce site est desservi par les stations de métro Le Peletier et Notre-Dame-de-Lorette.

Intérieur de l’Arche sainte de la synagogue de la Victoire

Activité 

Tous les ans, le dimanche qui précède Roch Hachana (jour de l’an israélite), a lieu à la synagogue de la Victoire une cérémonie à la mémoire des Martyrs de la Déportation retransmise à la télévision sur France 2.

 

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